ELIE, DOCUMENTAIRE

ELIE
documentaire de 35 min. en vidéo 
réalisation Claudia Nottale
1991
Une coproduction La Sept-ARTE, les Films Grain de Sable. 
Avec le concours du C.N.C et de la Jeunesse et Sports.
Clef d'argent au Festival International de Lorquin.
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Portrait au quotidien d'Elie,
mon petit frère handicapé de naissance
et de ses relations avec la famille...
Elie a 25 ans, il vit dans un foyer pour handicapés profonds à Maules.
Tous les quinze jours, son grand frère Marc va le chercher pour passer un week-end
en famille. Avec Marc c'est la fête. 
On suit Elie au quotidien, on partage ses émotions, ses fou-rires.
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extraits vidéos du documentaire
Elie par Claudia Nottale
Elie et son frère________________________________________________________________________
Note d'intention
Élie ne savait ni lire, ni écrire, ni compter, ni travailler.
A une époque où la valeur d’un individu est évalué à partir d’un Q.I., je souhaitais montrer la vie d’Elie régie par l’intelligence du cœur, du caractère, de la spontanéité, par les difficultés aussi, difficultés de communication et autres.
Est ce que la vie se suffit à elle-même?
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Diffusions
1992
Festival de la Vilette, Paris.
Cinéma du Réel à Beaubourg, Paris.
Festival Simone de Beauvoir, Palais de Tokyo, Paris.
1993
Festival du Film de Femmes, Montréal.
1996
Festival International de Films documentaires, Portugal.
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TÉMOIGNAGE
LE DÉPART D'ÉLIE

Elie est décédé en juin 2008, j'étais à ses côtés à ce moment là et j'ai pu l'accompagner.
Voici le texte que j'ai écrit par la suite :

Elie est à l’hôpital, entre la vie et la mort.
Quand je suis arrivée à son chevet, il était dans le coma. Il n’avait pas l’air de souffrir et semblait n’être plus présent à son corps.
Quand tous les visiteurs sont partis, je me suis retrouvée seule avec ma mère à ses côtés. Elle avait passé toute la nuit à lui parler et à lui tenir la main.
Le corps d’Elie respire avec une force impressionnante. Je me souviens d’avoir pensé « quelle est donc cette force mystérieuse qui fait respirer le corps alors que l’esprit n’y est quasiment plus ? »
Je pose délicatement mes mains su sa poitrine, sous elles, je sens comme une carapace  qui fond tout doucement. Il me semble que tout est actif, nos présences, les mots, l’amour qui nous meut. L'air sort… Un long temps, l’air rentre tranquillement… L’air ressort… Le temps est arrêté, l’air ne rentre pas. Deux minuscules mouvements dans les poumons… Et c'est tout.  Je n’arrive pas à y croire… C’est tout ! Sans soubresauts, sans râle, sans rien, dans une immense simplicité et une infinie douceur. Ma mère commente tout haut ce qu’elle constate. Je lui dis : « maman, tu es d'accord, on n’appelle pas tout de suite pour prévenir le personnel hospitalier ? » Elle est d'accord. On prend 10 mn pour continuer à accompagner son âme après avoir accompagné son corps. Je suis consciente d’être reliée à tous ceux qui l’aiment et qui pensent à lui. Chaque seconde est intense et je ne veux pas en perdre une seule.

Je lui dis : « Merci Elie d’avoir été mon petit frère, sans toi je ne serais pas qui je suis et mon coeur serait plus fermé ». Ma mère le voit comme elle ne l'avait jamais vu auparavant, non plus comme « Elie handicapé » et « enfant » à vie. Elle voit l'homme qu'il aurait été sans le handicap, elle voit l'homme tel qu'il est, là, sous nos yeux. Il ressemble à un roi, à un pharaon. Un grand être qui s’est fait le plus humble, le plus petit, le plus aimant, ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter, ni travailler. Nous le veillons, l'hôpital est silencieux, l’ambiance est sacrée et simple. A une heure et demie du matin nous partons à regret et à reculons.
Elie est décédé le 11 juin 2008.
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